Vous avez dit COMMUNIQUER ? Notes personnelles…

La vérité en temps d’internet

Vous avez dit COMMUNIQUER ?

Exposé par le père Nikolaas Sintobin s.j.

Soirée de formation du 20 janvier 2020 au Centre pastoral

 

Je vous partage modestement mes quelques notes prises lors de cette soirée.
Si elles peuvent être utiles à l’un ou l’autre, j’en suis ravie.
A bientôt, Elisa

  • Six dynamiques typiques de l’environnement numérique

Structure de communication horizontale
Sur le web, tout le monde se trouve à pied d’égalité. Tout le monde est au centre d’internet… ou plutôt tout internet tourne autour de chacun. L’horizontalité est de règle… Chacun peut accéder à cet espace de communication quand il veut, comme il veut. Sur internet, nul ne peut s’exprimer comme s’il détenait le monopole de la vérité : chacun a son opinion. Le pape a son opinion et moi, j’ai la mienne : tous au même niveau. On n’a jamais été aussi bien informer qu’aujourd’hui. Le surfer catholique peut être mieux renseigné que son évêque. Cette horizontalité peut déconcerter les catholiques plutôt habitués à une hiérarchie et à une verticalité. On est dans l’époque post-truth.

Le surfer décide
Dans ce chaos informationnel, c’est le surfer qui décide sur quel site il veut aller ou pas, combien de temps il va y rester, ce qu’il va regarder ou pas, ce qu’il va croire ou pas. Le modèle de la chair de vérité où le prêtre prêche devant des fidèles obligés de l’écouter ne s’applique absolument pas sur internet. Ainsi, l’enjeu pour nous autres communicateurs est de faire en sorte que le surfer veuille bien venir sur notre site… et quand il y arrive, qu’il ait envie d’y rester et d’y revenir. C’est lui qui décide : c’est à nous de le convaincre de venir et de consommer.

Personnalisation dans un océan d’anonymité
L’espace numérique est un lieu d’anonymat… mais cet anonymat est relatif car on peut toujours tout retrouver. Néanmoins, il y a un réel anonymat : on ne connaît pas la majorité des blogeurs. Prenons l’exemple de ce qu’il y a eu avec le pape émérite et le cardinal Sarah : suivant le site sur lequel on va, des écarts énormes peuvent être trouvés dans l’analyse de l’événement… et tous pensent avoir la vérité. L’anonymat va de pair avec cette offre de contenu dont la véracité est difficile à jauger.

Face à cet anonymat, on constate une tendance ou une contre-tendance à la personnalisation : on veut connaître la personne qui propose des contenus. Encore un exemple : le pape François, très actif sur Twitter, a 70 millions followers sur Twitter… alors que l’Osservatore romano n’en a que quelques dizaines de milliers. Quelle différence ! Un compte personnel aura plus de followers qu’un compte institutionnel. Il y a une personnalisation… qui fait que l’anonymat ou la dynamique d’anonymisation conduit à une coloration davantage personnelle et donc subjective de la vérité : est vrai ce qui est dit par telle personne. On choisit de faire confiance à tel site plutôt qu’un autre. C’est très subjectif. Les réseaux sociaux vont de plus en plus fonctionner comme un filtre : on fait confiance à un tweet parce qu’il a été retweeté par telle personne ou publié sur tel site, etc.

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